La dernière lubie politique en date concernant l'école est la proposition choc de Bruno Lemaire d'avancer l'école maternelle à un an.
Aussi ridicule qu'inefficace, cette proposition démontre une chose : il ne faut pas laisser les politiques s'occuper seuls de l'école ...
Cela démontre également à celles et ceux qui en doutaient que notre métier est éminemment politique. En ce début de campagne présidentielle, qui coïncide avec la rentrée scolaire, on a ainsi pu voir tous·tes les candidat·es évoquer leur vision de l'école et les cadeaux mirifiques qu'ils et elles comptent faire aux personnels qui la font vivre. Évidemment les promesses n'engagent que ceux qui y croient...
Encore une fois, le "bon sens" voudrait que les difficultés soient résolues en faisant plus d'école... là où nous savons pertinemment que c'est mieux d'école qu'il faut pour améliorer les performances scolaires de nos élèves.
Les APC en sont un exemple criant : lorsqu'ils sont utilisés pour faire du soutien scolaire, on rajoute du temps aux élèves qui n'en peuvent déjà plus. On donne à manger aux élèves à qui le système scolaire a donné la nausée. C'est pourquoi la FSU-SNUipp milite pour la fin de ce dispositif et pour que ce temps soit rendu aux équipes.
Mais cette sortie de Bruno Lemaire n'est que la partie émergée de l'iceberg des idées saugrenues qui défont l'école, là où chaque jour notre métier consiste à faire le contraire.
En 2024, le candidat Attal qui était alors ministre de l'Éducation Nationale, a par exemple lancé une expérimentation sur l'uniforme à l'école. Censée être généralisée en 2026, cette mesure aura coûté près de 2 millions d'euros en 2024, pour l'Etat, doublé par les communes volontaires, soit près de 4 millions d'euros. [1]. Elle sera bien évidemment abandonnée.
Dans le second degré, la lubie de Blanquer a été d'en finir avec les filères et d'avancer les épreuves de spécialités. Le chantier est lancé en 2018, le bilan qu'en fait l'inspection générale de l'Éducation, du sport et de la recherche (IGESR) en 2020 est sans appel : cette réforme entraine la « confusion entre la logique de la certification (baccalauréat) et la logique de la formation (notes balises), qui devrait être au cœur de la réforme : le poids effectif ou présumé des E3C déséquilibre l'ensemble, au détriment de la formation ». Autrement dit, on bachote purement et simplement au lieu de préparer les élèves à devenir des étudiants. [2]
De plus ces derniers sont « sous la pression constante de l'évaluation » nous dit le même rapport [3]. Cette réforme, qui aura mobilisé les professeurs, les personnels de direction, l'administration (et donc un coût humain et financier certain mais difficile à chiffrer) finira par être détricotée.
A l'inverse, le dispositif "Plus de maitres que de classe" pourtant plébiscité par la profession comme par la recherche [4] , a ,lui, été supprimé de manière aussi soudaine qu'arbitraire, alors même qu'il était un levier pour faire évoluer nos pratiques en classe et les fonctionnements des collectifs de travail.
Mais suite au classement pisa 2026, notre ministre a trouvé LA solution miracle pour faire progresser les élèves en ce qui concerne le langage : distribuer des listes de lectures !
Las, Monsieur le ministre, nous qui faisons l'école, nous savons que cela sera encore une fois un pansement sur une jambe de bois... On est d'ailleurs ravi de voir que vous annoncez cela sur TF1, une semaine après la rentrée. On mesure toute l'anticipation : vous qui vous assurez "pas surpris" par les résultats de pisa, on aurait donc pu imaginer un peu plus d'anticipation...
Ce dont nos élèves ont besoin c'est d'effectifs allégés, d'enseignants spécialisés, de remplaçant·es en nombre suffisant, de RASED complets, de formation continue digne et choisie, d'une inclusion de qualité, ...
Notre école n'en est donc pas à son coup d'essai concernant les idées farfelues des politiques. Elle en est malheureusement coutumière.
A la FSU-SNUipp, il nous semble plus que jamais nécessaire de reprendre la main sur notre métier et notre école, parce que l'école, c'est nous !
Pour être nommé.e sur un poste de direction d'école à 2 classes ou plus, il est nécessaire d'être inscrit.e sur la liste d'aptitude à la direction d'école. La FSU-SNUipp 59 organise un stage de préparation pour les collègues souhaitant postuler et passer l'entretien.
La FSU-SNUipp Nord vous accompagne pour préparer l'entretien à la liste d'aptitude direction d'école en organisant un stage de formation syndicale le
12 octobre 2026 à Lille
13 octobre 2026 à Valenciennes
13 octobre 2026 à Dunkerque
Au programme : étude des textes officiels ; préparation de l'entretien ; études de cas concrets.
Ce stage vous permet d'appréhender les facettes du métier. Vous aurez la possibilité de prendre connaissance des textes officiels, faire des études de cas et préparer l'entretien.
Les stages de formation sont organisés sur le temps élèves.
Chaque personnel (enseignant, AESH, AVS, AED) a droit de participer à 12 jours de stages de formation syndicale par an. De plus, participer à des stages syndicaux ne vous empêchera pas de participer à trois 1/2 journées d'info syndicales cette année scolaire.
POUR S'INSCRIRE
- Formulaire d'inscription pour laFSU SNuipp ici
- Faire un courrier par voie hiérarchique ouvrant droit à autorisation spéciale d'absence. (Modèle de courrier à envoyer un mois avant la date du stage pour l'Inspecteur d'Académie mais à envoyer à ton IEN)
Monsieur l'Inspecteur d'Académie S/C de l'IEN de la circonscription
Monsieur l'Inspecteur d'Académie,
Conformément aux dispositions de la loi 84-16 du 11 01 1984, portant statut général des fonctionnaires définissant l'attribution des congés pour la formation syndicale, avec maintien intégral du salaire, j'ai l'honneur de solliciter un congé le ............................pour participer à un stage de formation syndicale. Ce stage se déroulera à Lille Il est organisé par la section départementale de la fsu snuipp sous l'égide du centre national de formation syndicale de la FSU, organisme agréé.
Recevez, Monsieur le directeur, l'expression de mes sentiments respectueux.
- Pense à joindre à ton mail, la demande d'autorisation d'absence de votre circonscription
Le décret paru le 29 juillet 2026 modifie les règles concernant le temps partiel pour raisons thérapeutiques et montre clairement une volonté de restreindre son accès.
Principes généraux
Dans quel cas demander un temps partiel thérapeutique ?
Un temps partiel pour raisons thérapeutiques peut être accordé aux agent·es dans les cas suivants :
- si le travail à temps partiel permet le maintien ou le retour à l'emploi et permet l'amélioration de l'état de santé de l'agent·e
- si le travail à temps partiel permet de bénéficier d'une rééducation ou d'une réadaptation professionnelle pour retrouver un emploi compatible avec l'état de santé
Il est donc possible de demander à bénéficier d'un temps partiel thérapeutique dès lors que l'état de santé le justifie, à la fin d'un congé de maladie ou sans qu'un arrêt de travail ne soit auparavant prescrit. La quotité de travail demandée ne peut être inférieure à 50%.
L'autorisation d'exercer à temps partiel pour raisons thérapeutiques peut être accordée dans la limite d'une année.
Le temps partiel thérapeutique peut-il être refusé ?
Depuis juillet 2026, l'administration peut refuser une demande initiale ou un renouvellement de temps partiel thérapeutique. Elle peut aussi interrompre une autorisation déjà accordée.
L'administration doit motiver auprès de l'agent·e le refus ou l'interruption.
Dans le cas d'un refus, l'administration doit recevoir l'agent·e en entretien, qui peut se faire assister par une personne de son choix. En cas de refus, il est possible de faire un recours gracieux et/ou hiérarchique.
Si le refus s'appuie sur un motif médical, la décision ne peut intervenir sans l'avis préalable du médecin agréé. L'agent ou l'administration peuvent saisir le conseil médical en formation restreinte pour contester l'avis du médecin agréé. Dans le cas d'une interruption, le personnel reste à temps partiel jusqu'à ce que le conseil médical ait rendu son avis.
⚠️ Désormais, si l'avis du conseil médical rendu en formation restreinte va dans le même sens que les conclusions du médecin agréé, il ne peut plus être contesté devant le conseil médical supérieur.
L'administration a la possibilité de solliciter un examen par un médecin agréé à tout moment de la durée du temps partiel thérapeutique. En cas de refus de s'y soumettre, l'autorisation de travail à temps partiel est interrompue.
Comment faire la demande ?
La demande d'autorisation de travail à temps partiel pour raison thérapeutique doit être adressée à l'administration accompagnée d'un certificat médical comportant les informations suivantes :
- quotité de temps de travail souhaitée (entre 50% et 90%)
- durée du temps partiel (1 an maximum)
- organisation du temps partiel préconisée, notamment par journée ou demi-journée.
Dans le cas d'une demande initiale, l'administration doit notifier sa décision au plus tard trente jours après la date de réception de la demande. Si cette demande fait suite à un congé type CLM, CLD, CITIS ou dans le cadre d'un renouvellement, l'administration doit donner sa décision au plus tard le jour de la reprise.
Dans le cas où la demande est faite par une personne travaillant déjà à temps partiel, il est mis fin automatiquement à ce temps partiel à partir du moment où le temps partiel thérapeutique est accordé par l'administration. Le temps partiel thérapeutique prend fin automatiquement si l'agent·e est en congé de maternité ou d'adoption, en congé supplémentaire de naissance ou en congé de paternité et d'accueil de l'enfant.
Si le type de poste occupé par le personnel ne peut être partagé entre plusieurs agent·es, une affectation provisoire peut être proposée.
Les fonctionnaires stagiaires peuvent être autorisés à travailler à temps partiel pour raisons thérapeutiques.
Demandes de prolongation, de modification ou d'arrêt
La demande de prolongation s'effectue de la même manière que la demande initiale. Il n'y a plus d'examen obligatoire par un médecin agréé. Cependant, l'administration a la possibilité de solliciter un examen par un médecin agréé à tout moment.
L'administration peut, à la demande de l'agent·e, qui fournit un certificat médical :
modifier la quotité de travail à temps partiel avant la date de fin prévue de la période en cours
mettre fin au temps partiel avant la date prévue
Il existe des possibilités de suivre une formation pendant la durée du temps partiel thérapeutique.
Rémunération
L'agent·e placé·e en temps partiel thérapeutique continue de percevoir en totalité :
- son salaire
- la nouvelle bonification indiciaire (NBI)
- le supplément familial de traitement (SFT)
- l'indemnité de résidence
- les primes et indemnités, sauf celles dont le versement est suspendu à compter du remplacement de l'agent·e comme les indemnités REP ou REP+
Spécificités pour les AESH et contractuel·les
Les AESH et contractuel·les ont aussi la possibilité de solliciter un temps partiel thérapeutique. Si les démarches sont les mêmes que pour les titulaires, l'autorisation est également liée à l'accord d'indemnisation de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM ou MGEN) à laquelle l'agent·e est affilié·e.
Pour les AESH, le temps plein de référence est de 39 heures hebdomadaires annualisées. De fait, une AESH qui bénéficie d'un temps partiel thérapeutique à 50% devra travailler 19h30 par semaine et non pas la moitié de son temps de travail habituel. L'organisation du service doit tenir compte du temps d'accompagnement, du temps de préparation, concertation et des contraintes médicales de l'agent·e.
Pour la FSU-SNUipp, ces textes constituent un recul et affaiblissent les droits des agent·es malades. L'instauration d'un délai de réponse de 30 jours risque de mettre à mal des personnels dans des situations médicales difficiles voire intenables et la possibilité de refus remet en cause l'avis médical pourtant jusque-là souverain. N'hésitez pas à vous faire accompagner dans vos démarches par les représentant·es des personnels de la FSU-SNUipp de votre département.
Textes de référence :

