Le rectorat de Lille a fait connaître en fin de semaine les nouveaux Réseaux d’Education Prioritaire , dits REP +, ainsi labellisés pour la rentrée 2014. Avec 8 réseaux pour le Nord et 3 pour le Pas-de –Calais, c’est peu de dire que le gouvernement est très loin des ambitions affichées et des propos que le ministre a tenus le 16 janvier dernier lors de la présentation de son plan pour l’Education Prioritaire, prétendant qu’il n’y aurait pas de réduction du nombre global d’établissements et écoles concernés entre le système actuel (RRS, RAR et Eclair) et le réseau REP +. Or, actuellement, 105 collèges et 284 écoles du Nord/Pas-de-Calais relèvent de l’Education Prioritaire. Difficile d’imaginer qu’à la rentrée 2015 –date de l’installation totale des REP+-il n’y ait pas beaucoup de perdants chez les élèves, leurs familles et chez les personnels.
Si certaines mesures sont accueillies favorablement comme la dotation de toutes les écoles du « plus de maîtres que de classes » dans le 1er degré, , la prise en compte de la dimension pédagogique et de la spécificité des conditions d’exercice du métier. pour la FSU ce sont bien tous les enseignants exerçant en Education Prioritaire qui doivent bénéficier de ces mesures. Or, l’amélioration des conditions de travail (grâce à un temps de décharge d’1,5 h hebdomadaire par exemple pour les collèges) ne bénéficiera qu’à quelques réseaux tandis que d’autres se verront en outre privés des quelques moyens supplémentaires, et pourtant largement insuffisants, qui leur étaient attribués. Une politique des vases communicants en somme qui fait fi du contenu.
D’autre part la mise en œuvre d’un plan ambitieux de la formation initiale et continue, la scolarisation des « tout petits » demanderaient un tout autre budget.Pour la formation continue, 3 jours sont par exemple prévus … La question des effectifs par classe, qui est une question primordiale, n’est pas évoquée. Autre question passée sous silence, celle de la sectorisation scolaire pour redonner à ces territoires de la mixité sociale. Enfin, pour la FSU 59/62 , la volonté affichée de « faire changer les choses « ne doit pas donner lieu à des déréglementations, des expérimentations du type co-intervention dans le second degré….qui non seulement n’ont jamais fait leurs preuves dans la réduction de la difficulté et des inégalités scolaires, mais aboutissent de fait à instaurer une école à plusieurs vitesses.
D’ores et déjà, les perdants se comptent par dizaines dans les collèges de l’Education Prioritaire du Nord/Pas-de-Calais qui voient, pour la grande majorité d’entre eux, se réduire de façon dramatique leur dotation et donc le nombre de professeurs pour la rentrée 2014. Le plan pour une Education Prioritaire ambitieuse a donc bien mal commencé.
La FSU 59/62 dénonce les renoncements ministériels en matière d’Education prioritaire. Mettre en avant la multiplication des conseils pédagogiques et le cycle CM/6ème pour résoudre les difficultés des élèves n’est pas non plus sérieux.
L’ambition doit être à un autre niveau. Les élèves de l’Education Prioritaire méritent mieux qu’une politique d’affichage en trompe-l’œil voire mensongère. Pour la FSU 59/62, combattre la difficulté scolaire et l’accroissement croissant des inégalités demande et du courage politique et des moyens. Tout cela avec un cadrage national qui garantisse l’égalité de traitement de tous les élèves et le droit à une Education Nationale de qualité pour tous.
Lille, le 9 février 2014